L’inhabitable rase

État actuel de la maison du XVIIe siècle située 22, rue Basfroi, XIe arr. Photo : Pier

La crise du logement est devenue aujourd’hui si aiguë et les architectes tellement inaudibles dans le débat public qu’elle engendre1 que la publication d’un petit livre simplement intitulé L’Inhabitable et cosigné par l’écrivain Joy Sorman et l’architecte Éric Lapierre suscite une forme d’espoir. L’espoir d’entendre une parole d’intellectuels sur une scène où dominent plutôt la novlangue technocratique des pouvoirs publics, la bouillie communicationnelle des politiques, la rhétorique revendicatrice, voire activiste, du monde associatif et le sensationnalisme larmoyant et alarmiste des grands médias.

Consacré à l’habitat insalubre, que l’on préfère – curieuse interférence avec l’actualité contestatrice – appeler « indigne » dans les sphères de l’État2 , ce court ouvrage est le premier volume d’une collection au titre maniéré : « Mémoires urbaines Paris XXIe siècle ». Dans le but de « relire l’histoire à l’aune de l’actualité », celle-ci est coproduite par le Pavillon de l’Arsenal, organe de diffusion et de promotion de l’action urbaine et architecturale de la Ville de Paris, sous la direction générale de Dominique Alba depuis 2003, et les éditions Alternatives, connues pour leurs ouvrages très illustrés sur l’habitat « alternatif », qu’il soit sur l’eau, en kit, nomade, dans les arbres ou autoconstruit. La présence de l’habitat insalubre dans cette liste, comme s’il était une variante de plus de ces alternatives à l’habitat « normal », laisse quelque peu perplexe. Le principe de cette collection à-venir est simple : « chaque ouvrage réunit un écrivain et un architecte3 » et soumet un problème à leurs « regards critiques » (p. 4).

Il est difficile en effet de trouver un problème plus urgent, plus impérieux, que celui de la vétusté chronique de nombreux appartements, voire d’immeubles entiers, à Paris et ses conséquences humaines, sociales et sanitaires. Bertrand Delanoë, élu en 2001 et réélu en 2008 à la tête de la Ville de Paris, déclarait pourtant, le 15 juin 2010, à l’occasion de l’inauguration de 17 logements sociaux au 36, rue de la Charbonnière (XVIIIe) : « l’habitat insalubre a été éradiqué à Paris », tout en se pressant d’ajouter : « Il ne reste que deux ou trois immeubles. » Conviant le lecteur à la visite de sept de ces « taudis » contemporains dans les anciens faubourgs (125, rue du Faubourg du Temple, Xe arr. ; 31, rue Ramponeau, XXe arr. ; 46, rue Championnet, XVIIIe arr. ; 23, rue Pajol, XVIIIe arr. ; 72, rue Philippe-de-Girard, XVIIIe arr. ; 73, rue Riquet, XVIIIe arr. ; 10, rue Mathis, XIXe arr.), le présent ouvrage semble, à première vue, contredire le triomphalisme du maire. Mais à y regarder de plus près, il apparaît plutôt comme un authentique produit de sa stratégie de communication.

 

L’inauguration par Bertrand Delanoë de l’opération de logements sociaux du 36, rue Charbonnière (XVIIIe arr.), le 15 juin 2010, à la une de Perspectives la lettre de la Siemp à ses partenaires, n° 13, 4e trim. 2010.

 

La voix de son maire

Relativement hétérogènes sur le fond et la forme, les deux textes qui composent l’ouvrage – le volet littéraire de Sorman (« L’inhabitable », pp. 7-60) et historiographique de Lapierre (« L’insalubrité à Paris : de la destruction à la reconstruction de la ville », pp. 87-133) – sont typiquement des écrits de commande. Leurs auteurs, qui ne s’étaient pas rencontrés avant la promo, servent un projet qui n’est pas vraiment le leur.

Sans doute choisie pour sa notoriété récente et le goût pour la chose édifiée dont elle a fait preuve dans d’autres écrits4 , la jeune romancière, essayiste et chroniqueuse à la télévision, remplit sa tâche avec application. Pleine d’empathie, Sorman écrit à fleur des choses et tente de renouer avec les qualités descriptives de la littérature réaliste dont elle revisite le lexique, l’imagerie, voire les lieux communs : les plafonds sont « rongés par l’humidité » (p. 11), « lépreux » (p. 42) « maculés d’auréoles brunes » (p. 21) ; les murs « suintent la crasse » (p. 12) ou sont « rongés par les cafards » (p. 21) ; « les moisissures font comme des traînées verticales d’eau rouillée et de terre humide » (p. 42). Son écriture irréprochable a la justesse d’une jeune fille de bonne famille garante des bons usages, en toutes circonstances ; même lorsqu’elle rencontre un rat : « Je croise une de ces bêtes repues dans la cage d’escalier, qui prend le temps de lever les yeux et de me regarder – le rat est ici chez lui. Il ne faut pas crier. » (p. 36). Ou quand on lui offre « du thé à la menthe et des choux à la crème rose qu’il est inenvisageable de refuser. » (p. 53).

Avec une certaine sensibilité, Sorman décrit en caméra subjective la réalité quotidienne de ces immeubles, évoquant tout à la fois la souffrance, la honte, la folie parfois, mais aussi l’attachement paradoxal des habitants à leur condition fragile. Mais pour rester dans la métaphore cinématographique, elle laisse hors-champ les causes et les enjeux, ne transgressant pas le cadrage imposé par le commanditaire du livre. Elle s’attarde sur les habitants, mais ne dit rien des autres acteurs : propriétaires, aménageurs, élus, associations, etc. Elle élude les raisons pour lesquelles un « habitat » devient « insalubre » et elle se tait sur les autres formes du mal-logement : sans-abri, néo-bidonvilles, appartements insalubres dans des immeubles non dégradés… Là où on lui a dit de regarder, elle décrit la surface du visible mais ne donne pas à comprendre ce qui le détermine.

Pour écrire Le Quai de Ouistreham5 , Florence Aubenas s’était immergée seule pendant six mois dans l’anonymat d’une longue enquête, partageant la vie précaire des travailleurs pauvres, en pleine crise économique. En guise d’expérience du terrain, Sorman a, quant à elle, bénéficié des quelques visites que lui a organisées la Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp), sur les pas de ses agents (infirmière, assistante sociale, etc.). Accompagnant quelques-unes de leurs tournées de routine pendant l’hiver 2009-2010, elle s’est le plus souvent contentée de recueillir leurs témoignages qu’elle a ensuite largement romancés.

La Siemp est précisément l’acteur clé de cette histoire. En plus « de construire, réhabiliter, rénover et gérer des ensembles http://pasionxentrenar.com/fuzion-christian-dating-qek/ immobiliers, [de] réaliser des opérations d’aménagement et des équipements6 », elle a reçu de la Ville de Paris, par une convention publique d’aménagement signée en mai 2002, une mission de résorption de l’habitat insalubre à Paris. Sur les 1 030 immeubles « dégradés et insalubres » recensés par l’État et la Ville en 2001, la Siemp fut chargée d’en traiter 434 avant 20107 , grâce à un arsenal d’outils techniques et juridiques et un financement exceptionnel de 315 millions d’euros (dont 153,9 millions de la Ville de Paris). Tout en chiffres prodigieux (660 logements sociaux livrés à ce jour sur plus de 2 000 prévus), le bilan de la Siemp est en consonance avec les promesses mirobolantes de Delanoë lors de sa dernière campagne : construire 4 500 logements neufs chaque année, financer 40 000 logements sociaux supplémentaires avant 2014 et entrer ainsi avec six ans d’avance dans les barèmes de la loi SRU (20 % de logements sociaux par commune).

C’est bien l’œuvre de la Siemp, fleuron de la politique municipale en la matière, qui se trouve célébrée dans le livre, sous toutes ses coutures : action sociale et sanitaire, relogement des habitants, acquisition, réhabilitation, démolition et reconstruction des immeubles. Après avoir longuement décrit la décrépitude désespérante des taudis, Joy Sorman achève opportunément son texte par un récit de relogement aux accents lyriques. Une famille, « après avoir loué une camionnette grâce à l’indemnité d’éviction », franchit le seuil de son logement flambant neuf fourni par la Siemp : « puis la lumière qui entre par la baie vitrée, le blanc aveuglant des murs, une chaleur diffuse, et la vie qui s’ouvre devant soi comme une béance heureuse et insondable. » (p. 60).

 

La fabrique de l’insalubrité

Présenté à la fois comme « architecte DPLG, historien, critique, enseignant », Éric Lapierre emprunte quant à lui d’autres voies mais parvient aux mêmes fins que Joy Sorman. Commissaire d’exposition, conférencier et auteur régulier pour le Pavillon de l’Arsenal8 (qui expose aussi ses projets d’architecture), c’est lui qui « retrace l’histoire » de l’insalubrité à Paris et « des programmes successifs de réhabilitation » (4e de couverture). Adoptant la forme historiographique, certes la plus didactique mais la moins réflexive et la moins critique qui soit, son texte est platement chronologique, enchaînant cinq épisodes successifs dans l’illusion d’une continuité : la naissance de l’hygiénisme urbain au milieu du XIXe siècle ; l’établissement du Casier sanitaire des maisons de Paris entre 1894 et la fin des années 1900 ; la délimitation des 17 « îlots insalubres » au lendemain de la Première Guerre mondiale ; la politique de rénovation urbaine des Trente Glorieuses ; la préparation et l’adoption du plan d’occupation des sols (POS) renouant avec les « tissus constitués » du Paris historique ; et enfin, conduisant le lecteur d’un pas de géant vers l’apogée de cette histoire héroïsée, la lutte menée depuis 2001 par Bertrand Delanoë contre l’habitat indigne.

Quels problèmes pose cet historique ? D’abord, il relève de la seconde main, exploitant les travaux des auteurs de la génération précédente, de Roger-Henri Guerrand9 à Jacques Lucan10 , dont Lapierre fut disciple, mais délaissant leurs hypothèses critiques : l’hygiénisme comme arme de contrôle social pour le premier, l’insalubrité comme prétexte du « desserrement de l’agglomération et [de l’] effacement parcellaire11 » pour le second. Mais surtout, comme Sorman, Lapierre aborde l’insalubrité comme un phénomène immanent, presque naturel. Elle n’est pas étudiée en soi mais par le prisme de l’action politique, réformatrice et/ou urbanistique qui a été entreprise pour y faire face. Lapierre ne traite pas de l’insalubrité comme question mais avec des réponses qu’on lui a apportées au fil du temps : enquête, diagnostic, résorption, éradication, table rase, reconstruction, réhabilitation, etc. C’est ainsi qu’on peut lire, à propos de la « barre » de logements des grands ensembles de l’après-guerre : « la plus grande invention architecturale et urbaine du XXe siècle est donc conçue comme une réponse à l’insalubrité » (p. 97).

À trop regarder les effets, ce sont les causes du phénomène, différentes à chaque époque, qui échappent au lecteur (et à l’auteur). Le seul passage qui les aborde suggère qu’au XIXe siècle, l’insalubrité naît dans les faubourgs parce que la propriété privée y est très parcellisée et qu’ils ne font l’objet d’aucune planification, d’aucune « figure urbaine d’ensemble » (p. 92). Il aurait été intéressant de rappeler qu’aujourd’hui c’est précisément le contraire, en tout cas pour les exemples mentionnés dans le livre. Un rapport de l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), observatoire des dynamiques métropolitaines de la Ville de Paris dont Dominique Alba est directrice déléguée, montre que le mauvais entretien d’un immeuble, conduisant à sa dégradation et éventuellement à son insalubrité, est paradoxalement dû, dans près d’un cas sur trois, aux opérations publiques d’urbanisme : procédures d’alignement, définition de périmètres d’intervention12. Alors que les autres types de causes (blocages juridiques, copropriétés à problèmes, successions vacantes, malveillance, etc.) génèrent une insalubrité diffuse13 , celle-ci est très localisée et apparaît sur la « carte de l’habitat indigne » dressée par l’Apur en juin 2007 comme des nuages denses de points.

 

Prenons trois des quatre secteurs opérationnels sur lesquels Lapierre conclut son texte et qui illustrent ce phénomène : l’îlot Caillié, au nord du boulevard de la Chapelle (XVIIIe arr., architecte coordinatrice : Odile Seyler) ; Fréquel-Fontarabie, près de la place de la Réunion (XXe arr., arch. coord. : Eva Samuel) et Nord-Émile Chaine, au nord-est du boulevard Ornano (XVIIIe arr., arch. coord. : Patrick Céleste). Tous les trois avaient été identifiés dans les années quatre-vingt comme territoires d’intervention et soumis à une déclaration d’utilité publique14 , qui donne à la Ville un droit de préemption dite « renforcée » (DPUR). « Les propriétaires ont très vite renoncé à l’entretien normal, tandis que les immeubles et les lots progressivement acquis par la municipalité étaient murés, parfois squattés, en attendant la réalisation du projet d’aménagement.15 »

 

Le pourri des faubourgs

C’est cette insalubrité-là que traite en grande partie la Siemp depuis 2002. Plus concentrée, elle est aussi plus spectaculaire dans son éradication, donnant lieu à des réalisations architecturales qui se prêtent efficacement à la communication. Les « quelques exemples parisiens » en annexe du livre (pp. 135-157) sont d’ailleurs volontiers piochés dans ces secteurs : deux opérations assez fines, malgré leurs façades brutalistes, de Jacques Moussafir et de Charles-Henri Tachon, respectivement 14-18, rue Émile-Chaine et 3-5, rue du Nord ; un immeuble de Louis Paillard aux couleurs venues d’ailleurs (verdâtre dehors et orange dedans), 18, rue Caillié ; et un autre de Pascal Gontier, 3-11, passage Fréquel, qui élève sur rue sa sèche façade en acier Corten pré-rouillé (et post-tagué).

Chacun de ces projets est présenté sur une double page par deux clichés de Jean-Claude Pattacini, l’un des photographes attitrés de la Siemp : à gauche, une vue sinistre de « l’avant », en quart de page, en noir et blanc et dans la grisaille ; à droite, une vue triomphale de « l’après », en pleine page, en couleur et sous le soleil. Les images de gauche, qui auraient pu, il y a quinze ans, illustrer le pittoresque du Paris faubourien célébré en 1996 dans une exposition de Jacques Lucan au Pavillon de l’Arsenal16 , servent ici d’obscurs faire-valoir aux radieux projets de la Siemp, selon une rhétorique visuelle éculée, surexploitée par les revues d’architecture des années 1950-1960. Tout comme à cette époque, la stigmatisation d’un certain bâti de faubourg semble aujourd’hui légitimer le déploiement d’une autre vision architecturale, urbaine et, on n’ose dire, sociale. Les immeubles décrits avec tant d’empathie par Sorman sont également, pour la Siemp, des ressources foncières pour construire les architectures vantées par Lapierre. Promues et diffusées par l’Arsenal, celles-ci illustrent abondamment les publications municipales.

Vue de la rue Caillié. À droite, l’immeuble de 8 logements sociaux de Louis Paillard pour la Siemp, 18, rue Caillié, livré fin 2010. Photo : Pierre Chabard, juillet 2011.

 

Mais où en sommes-nous aujourd’hui avec ce « Paris des faubourgs », constitué de plusieurs strates historiques parfois contradictoires, aussi composite que les quartiers dits « haussmanniens » sont homogènes ? En parcourant les arrondissements du Nord et de l’Est parisiens, force est de constater que la compréhension et la prise en compte par les architectes de leur diversité et de leur complexité morphologique furent très lentes. Et ce qu’on a appelé, à partir du milieu des années soixante-dix, « l’architecture urbaine », en rupture avec l’urbanisme de la table rase des Trente Glorieuses, y a adopté des attitudes variables et très inégales en qualité, au fil des trois dernières décennies, période qui constitue un étrange angle mort dans le texte de Lapierre.

Double page de L’Inhabitable (pp. 156 – 157) présentant l’opération de 15 logements sociaux de la Siemp, 3 – 11, passage Fréquel (XXe arr.), conçus par l’architecte Pascal Gontier. Photos de l’atelier Pascal Gontier, à gauche, et de Stephan Lucas, à droite.

 

Enracinée dans des réflexions géométriques plutôt abstraites, cette architecture dite « urbaine » a d’abord produit des ensembles souvent vastes, singulièrement monotones dans leur complexité, comme dans l’îlot de la Petite Roquette (arch. : J. Kalisz et J.-C. Bernard, 1977). Qu’elle fut post ou néomoderne, elle a ensuite encombré les ZAC des années 1980-1990 d’objets lourds et compacts, aux proportions volontiers horizontales et dont les effets de façade ont vieilli bien avant l’âge, comme dans le quartier du bas Belleville. Armées d’argumentaires résolument « urbains », ces architectures s’émancipaient pourtant le plus souvent du parcellaire, de l’échelle et des rythmes http://cleancutlawnandlandscape.com/ar-lexington-singles-phone-line/ des paysages faubouriens existants.

À quelques exceptions près, il a fallu attendre la fin des années quatre-vingt-dix pour voir les architectes porter réellement attention à ces derniers. « Comment concilier cette nostalgie – sentiment parfaitement honorable – et la conscience de ce que l’urbanisation d’un faubourg n’a souvent jamais été qu’une étape provisoire dans la formation de la ville ? », s’interroge alors Lucan, fervent zélateur de la redécouverte de ces territoires. « C’est bien là une véritable aporie qui fera osciller les interventions entre geste violent et repli timoré.17 » En guise de réponse, son propre projet – trois petits immeubles au coin de l’ancienne cité Phalsbourg et de la rue Léon-Frot (XIe arr., 25 logements sociaux, 1998-2004) – pourrait être vu comme un symptôme de la réconciliation tardive des architectes parisiens avec l’ordinaire des faubourgs (ou avec une certaine idée qu’ils s’en font alors) : façades neutres et régulières, à la blancheur crayeuse, rythmées par des fenêtres verticales et des corniches conformes au contexte, respect de l’alignement. Quand on plisse les yeux, l’immeuble s’oublie au profit de la séquence de la rue. Cette attitude, qui se généralise au tournant des années 2000, notamment dans la ZAC des Amandiers, dans le XXe arrondissement, sur l’ancien « îlot n° 17 », est entérinée dans les règlements urbains : les révisions du POS (1989, 1994), mais surtout le plan local d’urbanisme (PLU) adopté en été 2006, pendant le premier mandat de Delanoë, qui multiplie les dispositions de protection dans ces quartiers.

Fantôme d’un ancien entrepôt démoli par la Siemp au 73, boulevard de la Villette. Photo : Pierre Chabard, juillet 2011.

 

Il semble aujourd’hui évident que ce fragile point d’équilibre résiste très difficilement aux impératifs quantitatifs et aux échéances courtes imposés par les promesses de la deuxième campagne du maire. L’accélération de sa politique de l’habitat marque sa nouvelle mandature et participe de sa stratégie de réélection en 2014. Dans le but de « favoriser la réalisation de logements sociaux », un nouveau PLU, en vigueur depuis novembre 2009, confirme ce tournant et privilégie la densification sur la préservation. Recensant à la parcelle le maigre foncier disponible (anciens garages, bâtiments de moins de trois étages, immeubles insalubres, emprises conventuelles…), il met à nouveau la pression sur les faubourgs qui continuent d’être, intra muros, les quartiers les moins denses et les plus mutables.

 

Le retour du refoulé

Depuis 2009, à la manière des Salons du XIXe siècle ou des foires agricoles, l’exposition annuelle des concours de logements sociaux à Paris18 , organisée par le Pavillon de l’Arsenal, permet de mesurer les effets architecturaux, urbains et patrimoniaux de cette politique. Montrant les planches et les maquettes des concurrents et du lauréat de plusieurs dizaines de concours jugés dans l’année, elle donne à humer l’air du temps, permet de repérer quelques idées fixes des maîtres d’œuvre et des maîtres d’ouvrage qui circulent d’un projet à l’autre.

Bien sûr, on croise encore beaucoup de façades blanches aux nez de planchers filants, aux baies verticales, souvent décalées d’un étage à l’autre, jouant avec plus ou moins de bonheur de l’effet de code-barres ou de « puzzle coulissant » et éventuellement agrémentées de sempiternelles persiennes en bois. Mais on observe, dans cette famille de projets, une tendance à la radicalisation et à l’abstraction. Le bâtiment est envisagé comme un prisme pur, dont la surface, animée d’angulations diverses, couvre d’un même revêtement les murs et la toiture. Traitées soit en creux, soit en saillie, les fenêtres interrompent l’uniformité de cette enveloppe continue comme autant d’événements, exacerbés par des jeux de contrastes : quand les premières ont un aspect brillant, une couleur acidulée (éventuellement dorée), un design très high-tech, la seconde adopte une texture mate, une couleur neutre, une matérialité plus pauvre. Les fortes contraintes thermiques du Plan Climat adopté par la Ville de Paris dès l’automne 2007, et qui préconise une isolation par l’extérieur, conduisent à une variante récurrente : le prisme se voit couvert uniformément de panneaux au calepinage plus ou moins savant. Les volets, fabriqués dans le même matériau, rendent au bâtiment son apparence de monolithe abstrait dès qu’ils sont refermés.

Projet de 15 logements sociaux, dessiné par Pascal Gontier pour la Siemp, 3 – 11, passage Fréquel (XXe arr.),illustrant une plaquette promotionnelle de la Siemp (octobre 2008, pp. 6 – 7).

 

Cependant, la problématique omniprésente de « l’enveloppe » légitime également des propositions plus formalistes, dont on reconnaît parfois les lointains tubards dans les projets de musée, de bibliothèque ou de gratte-ciel de la jet-set architecturale. Appliqués ici à des logements sociaux, on ne compte pas les surfaces de verre plissées, les résilles non-standard, les hachures de bardages de bois, les murs végétaux, les empilements de boîtes, les tôles perforées, telles des tranches de gruyère, d’infinis trous circulaires de diamètres variables. Désinhibés par l’attente des commanditaires friands d’imagerie architecturale forte et par la béate et optimiste rhétorique de l’innovation portée par le Pavillon de l’Arsenal, des architectes choisissent de se distinguer par la surenchère formelle, avec des projets en état de totale dérégulation esthétique : porte-à-faux inutiles et coûteux, gadgets pseudo-durables (pots de fleurs, éoliennes, échafaudages de bois), styling excessif et outrancier des façades, formes molles inadaptées tant au parcellaire qu’aux usages domestiques (soit à meubler tous les logements sociaux en Verner Panton). Fictionnalisant à l’extrême leurs projets, plusieurs imaginent le combat entre deux forces contradictoires, à la manière d’un mauvais film de SF hollywoodien : d’un côté, l’ordre et l’orthogonalité géométrique ; de l’autre, le désordre et la contamination. Comme la gangrène détruit l’intégrité d’un membre sain, on voit, dans un projet non retenu pour le faubourg du Temple, une surface aléatoire, forcément « végétalisée », grignoter les volumes d’un immeuble assez standard par ailleurs.

En dix ans, les valeurs semblent s’être diamétralement renversées. La ville, que la génération précédente avait instaurée en morale commune, au risque parfois de l’inhibition, devient une scène d’expression individuelle, de distinction professionnelle et de caprice architectural, avec la « radicalité » comme seul impératif esthétique. Le surinvestissement intellectuel, matériel et financier absorbé par les enveloppes, parties du bâtiment qui sont du plus grand profit médiatique pour l’architecte comme pour le commanditaire, masque trop souvent un abandon du plan, longtemps considéré comme un véritable laboratoire du versant social et politique du projet architectural. Face à un labyrinthe normatif kafkaïen (normes environnementales, accessibilité des handicapés, contraintes de surfaces, etc.), beaucoup d’architectes ont démissionné de ce terrain typologique peu rentable. À contre-sens de l’évolution des modes de vie, ils dessinent des cuisines ouvertes et en second jour, des salles de bains sans lumière, des séjours aux contours absurdes et résiduels. Alors que la demande sociale se complexifie (familles recomposées, cohabitation des générations, travail à domicile…), bien peu d’architectes prennent le risque de perdre un concours pour avoir passé trop de temps sur ce casse-tête.

Photo qui présentait le site de l’opération Bichat-Temple (Paris Habitat OPH) à l’exposition « Habiter 09.08/09.09 » au Pavillon de l’Arsenal, du 13 octobre au 15 novembre 2009

 

L’amnésie collective

Mais ces expositions annuelles du Pavillon de l’Arsenal donnent également des indices sur l’évolution du regard porté sur le bâti ancien des faubourgs, traces d’un Paris populaire en cours d’effacement. Comme dans le livre de Sorman et Lapierre, les sites des différents concours sont montrés par une vilaine photographie noir et blanc aux cadrages peu flatteurs. C’est le cas, par exemple, du coin de la rue Bichat et de la rue du faubourg du Temple (Xe arr.), où le bailleur social Paris Habitat conduit une importante opération de 91 logements, avec parkings et locaux d’activités, et d’une crèche de 66 places avec un jardin public. Réunion de deux parcelles profondes, ce grand terrain de 3 240 mètres carrés, qui doit être entièrement libéré, est occupé par un bâti hétéroclite et inégal : ateliers et entrepôts du XIXe siècle en fond de cours, immeubles placards bas sur la rue Bichat datant de 1859 et 1862, trois bâtiments d’habitation de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont un spécimen assez rare d’immeuble à sept travées aligné sur la rue du faubourg du Temple. Engagé il y a près de vingt-cinq ans, le processus d’acquisition publique de ces constructions, l’absence chronique d’entretien et la dégradation qu’il a provoquée rendent aujourd’hui inéluctable leur démolition, suscitant l’indignation de la Commission du Vieux Paris19 .

Sans céder au fétichisme, à la volonté de figer la ville sur elle-même, on peut penser que la réhabilitation de ces quelques traces du Paris du XVIIIe siècle aurait, si les mesures conservatoires avaient été prises assez tôt, enrichi le projet. Considère-t-on les architectes si incapables de traiter de la complexité historique et morphologique des tissus urbains qu’il soit nécessaire de leur servir une parcelle vierge et rectangulaire ? Pourquoi condamne-t-on le lauréat de ce concours, Alexandre Chemetov, justement connu pour son intelligence et son acuité envers les lieux où il construit, à se rendre complice de cette table rase ?

L’opération Bichat-Temple n’est pas un cas isolé. À l’angle des rues Saint-Sébastien et de la Folie-Méricourt (XIe arr.), on a vu peu à peu les parpaings murer les fenêtres et les palissades couvrir les vitrines des vieux commerces. À la place des deux bâtiments existants, dont certains éléments remontent aux années 1730, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) prévoit la construction de onze logements, quelques bureaux et commerces. Maître d’œuvre de l’opération, Smoothcore architectes, jeune agence parisienne à la mode, a beaucoup réfléchi aux contraintes thermiques, emballant son immeuble dans « un manteau d’écailles de zinc blanc cassé » et proposant une « rationalisation des espaces extérieurs, indépendants de la structure et traités dans le projet comme deux respirations vibrantes dédiées au domaine public20 ». La sauvegarde de l’environnement planétaire serait-elle devenue incompatible avec celle de l’environnement urbain ?

Une autre opération de 23 logements sociaux, menée par la Siemp, va s’implanter sur une parcelle traversante entre le 13 de la rue des Pavillons et le 135 de la rue Pelleport (XXe arr.), occupée par des immeubles aujourd’hui proches de la ruine et dans le collimateur de la Ville depuis 1988. Adossés à la maison voisine, une jolie bâtisse de faubourg du milieu du XIXe siècle (133, rue Pelleport), ils sont coincés entre une impeccable et monumentale barre de logements des années soixante (arch. : Jacques Ménard) et le hérissement feuilleté d’un immeuble de Frédéric Borel (SGIM, 1990). Pour quelle obscure raison le maître d’ouvrage a-t-il jugé préférable d’inclure dans la démolition la maison du 133, encore en bon état, alors qu’on sait qu’il y a, contrairement à ce que l’on croit, une parité de coût entre la réhabilitation et la démolition-reconstruction21 ? La collision typiquement faubourienne entre quatre strates architecturales hétérogènes était-elle tellement insupportable à assumer intellectuellement par l’esprit réductionniste de nos décideurs municipaux qu’il était nécessaire d’en effacer une ?

Ravie de l’aubaine, l’agence Bruther, qui avait dessiné un projet sur la première parcelle, s’est empressée de photocopier sa façade et de la reproduire devant la deuxième. Les architectes de la génération du baby-boom s’étaient distingués de leurs aînés par un discours sophistiqué sur la mémoire urbaine, sur la ville comme palimpseste, comme enchevêtrement de temps et d’espace. Par opportunisme ou nude dormitory webcams simplement pour s’adapter aux évolutions de la commande, la jeune garde de l’architecture parisienne a singulièrement simplifié son discours sur le sujet. C’est l’activisme d’une association de quartier qui a permis de sauver une maison ancienne au 22, rue Basfroi (XIe arr.). Menant une opération de logements sur cette parcelle et les deux adjacentes, Paris Habitat envisageait en effet la démolition de ce petit édifice élevé au tout début du XVIIe siècle, sous le règne d’Henri IV22 . Contrainte de l’intégrer à son projet, l’agence Rh+ reconnaît après coup que : « Cette configuration permet, d’un point de vue urbain, de restaurer la composition parcellaire historique. […] D’un point de vue architectural et social, cela permet de casser l’échelle du grand ensemble de logements pour proposer l’échelle de l’immeuble parisien, plus domestique.23 »

 

La fuite en avant

La volonté de l’équipe de Delanoë de traiter l’habitat insalubre, de construire des logements dans Paris et de contribuer ainsi à réduire la pénurie criante de l’offre d’habitat en Île-de-France est juste et louable. Mais face à une crise complexe tissée de logiques contradictoires, l’emballement de cette politique au tournant de la seconde mandature, le passage de la médecine à la chirurgie, de la qualité à la quantité, transforment un projet équilibré en une pure performance aux effets contreproductifs : prime au formalisme architectural le plus spectaculaire, désintérêt pour la complexité sociale et historique de la ville existante et finalement – faisant mentir les promesses de campagne –, aggravation de la disparité Est-Ouest dans la répartition de l’habitat social.

Bien sûr, on ne peut pas tenir Delanoë pour responsable des stratégies cyniques, réactionnaires et clientélistes des maires UMP de l’Ouest parisien pour limiter la construction de logements sociaux dans leurs arrondissements. Ces derniers soutiennent en sous-main des associations d’habitants nimby dont les arguments insensés vont de la pure mauvaise foi au racisme assumé. Récemment, dans le XVIe arrondissement, plusieurs d’entre elles ne se sont-elles pas opposées, avec un certain succès, à l’opération de 135 logements de Paris Habitat dessinée par la prestigieuse agence japonaise SANAA, au motif du « massacre de nos espaces verts au profit de monstrueux blocs de béton24 » ? L’argument laisse songeur quand on sait que le terrain, situé au 45-47, boulevard du Maréchal Fayolle dans le XVIe arrondissement, fait face au bois de Boulogne et à ses 845 hectares de verdure…

En hiver 2011, une autre association a obtenu le blocage d’un permis de construire pour une opération de 31 logements sociaux à l’angle de la rue Saint-Dominique et du boulevard de la Tour-Maubourg, dans le VIIe arrondissement (où la proportion de logements sociaux avoisine, comme dans le XVIe, les 2 %). Déplorant l’arrivée de « familles qui, évidemment, auront plus de difficultés matérielles que la sociologie du VIIe25 », la maire Rachida Dati a adressé une lettre à l’architecte-voyer de la Ville dénonçant « l’agressivité des formes » d’un projet qui va « dénaturer l’ensemble architectural de haute qualité que constitue cette section du boulevard de la Tour-Maubourg.26 » La combinaison insidieuse entre les deux argumentaires, social et spatial, démographique et esthétique, le second masquant le premier, fait frémir.

Mais à l’inverse, quels trésors d’imagination, quelles contorsions intellectuelles faudrait-il déployer pour défendre le projet de l’agence Beckmann & N’Thépé pour cette opération, baptisée sur leur site « Ornementation sociale » ? Sculptural, décoratif et de faible intérêt typologique, leur geste architectural consiste à répondre au bâti haussmannien par un chahut de « plots habités arborant des pièces d’ornementation métalliques dorées, incrustées dans le béton blanc poli27 » ; ce qui promet encore une de ces « grandes bâtisses » dont Zola raillait le « luxe si neuf et si insolemment bête28 » dans le Paris du Second Empire.

L’horizon étroit et artificiel de l’année 2014 qui borne, pour des raisons électorales, l’action de Delanoë, tend à étouffer un débat qui devrait être envisagé à beaucoup plus long terme et à d’autres échelles. Il tend aussi à le polariser et à le politiser, favorisant les réflexes les plus simplistes et manichéens : être de gauche impliquerait forcément d’être modernisateur contre tous les conservateurs, revendiquer la création contre la muséification de la ville, l’utopie contre l’immobilisme réactionnaire. Mais pourquoi cela impliquerait-il d’adhérer à des projets architecturaux paresseux, complaisants et aux effets faciles ?

Bernard Rudofsky avait monté en 1964 son exposition sur le génie de « l’architecture sans architecte29 » afin d’alerter ses contemporains sur les impasses architecturales d’un modernisme affadi, stéréotypé et déserté par l’intelligence. De la même manière, il serait utile à certains acteurs de l’architecture parisienne d’observer à nouveau l’inventivité et les qualités « durables » des dispositifs spatiaux, constructifs et urbains dont est tissé l’ancien Paris populaire. Il ne s’agit pas d’y porter un regard forcément patrimonial mais d’en prendre acte pour enrayer la logique de densification aveugle qui les a saisis et qui les transforme avec une certaine arrogance architecturale.

Cette logique s’explique surtout par défaut : d’un côté, par la difficulté de construire dans les arrondissements gérés par la Droite ; mais de l’autre, par une certaine panne de la négociation intercommunale à l’échelle de l’agglomération parisienne, dont l’étendue coïncide encore peu ou prou avec l’ancien département de la Seine. Les opportunités foncières pour construire du logement sont marginales dans Paris mais sont considérables dès que l’on franchit le Périphérique et les vertigineuses frontières communales. L’énergie dissipée à faire entrer au chausse-pied des programmes de logements sociaux dans les anciens faubourgs déjà bien pourvus, au risque d’en faire disparaître irrémédiablement certaines qualités, pourrait être avantageusement mise à profit pour faire avancer cette cause métropolitaine dont le principal obstacle est la balkanisation du pouvoir municipal.

Ce nécessaire changement d’échelle ne doit pas servir non plus de bonne conscience pour figer les faubourgs dans un état définitivement gentrifié et disneylandisé. Face à la pensée unique des technocrates, aux impératifs commerciaux des promoteurs, à l’agenda des politiques, les architectes sont peut-être les mieux placés pour trouver les alternatives typologiques, programmatiques et constructives, pour faire évoluer sur eux-mêmes ces quartiers encore mixtes, pour y pratiquer la « chirurgie conservatrice » expérimentée par Patrick Geddes dans le taudis ouvrier du vieil Edimbourg à la fin du XIXe siècle. Les petits maîtres parisiens, les yeux rivés sur la constellation des « starchitectes », devraient méditer les récentes prises de position d’un des plus malins d’entre eux qui, prenant les autres de court, a remis le patrimoine, ou plutôt ce que les Anglo-Saxons nomment heritage, au cœur de l’architecture contemporaine30 . Et l’on sait, depuis René Char, que « notre héritage n’est précédé d’aucun testament ».

Texte © Pierre Chabard (membre de la rédaction de la revue, architecte, critique et historien, maître assistant à l’Ensa de Marne-la-Vallée).
Article proposé par la revue Criticat, espace de réflexion sur l’architecture indépendant des institutions, et ouvert à l’ensemble des acteurs de la vie intellectuelle et artistique.

 

  1. À l’exception, peut-être, des récentes prises de position de l’architecte Patrick Bouchain appelant à « dé-normer » le logement social (voir Criticat, n° 2, pp. 76-97 et n° 4, pp. 86-97). []
  2. « L’habitat indigne » est une notion juridique introduite par l’article 4 de la loi du 31 mai 1990, dite « loi Besson ». []
  3. Le suivant, La Nouvelle Rive-Gauche, coécrit par Pierre Assouline et Marc Mimram, est consacré au quartier Paris-Rive Gauche dans le XIIIe arrondissement (paru en août 2011). []
  4. Voir son recueil de nouvelles intitulé Gros œuvre (Gallimard, 2009) et son petit texte accompagnant un livre pour enfant (Popville, Hélium, 2009) dans lequel elle propose une vision étrangement naïve de l’origine des villes : « Au commencement il y a souvent une église et son clocher. » []
  5. Éditions de l’Olivier, 2010. []
  6. Voir le site : http://www.siemp.fr. []
  7. Les autres immeubles sont traités soit par la Semavip (Société d’économie mixte d’équipement et d’aménagement de la Ville de Paris) qui, en avril 2002, a déjà signé une convention similaire, portant sur 46 immeubles dans le quartier Château-Rouge (XVIIIe arr.), puis 20 immeubles du quartier Ourcq-Jaurès (XIXe arr.), soit par des procédures d’OAHD (opérations d’amélioration d’habitat dégradé), pour 278 puis 419 immeubles dispersés dans Paris, voire des OPAH (opérations programmées d’amélioration de l’habitat) dans le cas de 97 immeubles de quartiers très dégradés (Moinon-Sainte-Marthe, Xe arr. ; Réunion, XXe arr…). []
  8. Cf. Éric Lapierre, « La ville, l’immeuble, la façade », in J. Lucan (dir.), Paris des faubourgs. Formation, transformation, Paris, Picard, 1996, pp. 175-187 ; Éric Lapierre, Identification d’une ville : architectures de Paris, Paris, Pavillon de l’Arsenal, 2002 ; Éric Lapierre (dir.), Aménager Paris, Paris, Mairie de Paris, Direction de l’urbanisme, 2005 ; Éric Lapierre, Guide d’architecture à Paris : 1900-2008, Paris, Pavillon de l’Arsenal, 2008 (pour le 20e anniversaire du Pavillon de l’Arsenal). []
  9. Voir Roger-Henri Guerrand, « Aux origines du confort moderne », in Jacques Lucan (dir.), Eau et gaz à tous les étages : Paris, 100 ans de logement, Paris, Picard/Pavillon de l’Arsenal, 1992, pp. 14-29. []
  10. Voir surtout Jacques Lucan, « Les points noirs des îlots insalubres » et « Mille cinq cents hectares à reconquérir », in Jacques Lucan (dir.), Eau et gaz à tous les étages, op.cit., pp. 76-91 et 136-148. []
  11. Jacques Lucan (dir.), Le Paris des Faubourgs, op.cit., p. 95. []
  12. Frédéric Homand et Stéphanie Jankel, Résorption de l’habitat indigne à Paris, 2002-2007, enquête Apur pour l’Observatoire du logement et de l’habitat à Paris, juin 2007, pp. 16-17. []
  13. Cette insalubrité diffuse est principalement traitée par les procédures d’OAHD. []
  14. Respectivement en 1988, 1990 et 1988. []
  15. F. Homand et S. Jankel, op.cit. []
  16. Jacques Lucan (dir.), Paris des faubourgs. Formation, transformation (catalogue de l’exposition au Pavillon south africa dating portal de l’Arsenal, octobre 1996-janvier 1997), Paris, Picard/Pavillon de l’Arsenal, 1996. []
  17. Jacques Lucan, op.cit., p. 13. []
  18. Deux éditions ont déjà eu lieu : « Habiter 09.08/09.09 », du 13 octobre au 15 novembre 2009, et « Habiter 10.09/09.10 » du 8 octobre au 7 novembre 2010. []
  19. Voir le compte rendu de la séance plénière du 3 mai 2010 de la Commission du Vieux Paris, instance consultative de la Ville de Paris en matière de patrimoine architectural. []
  20. Voir la présentation du projet sur le site http://architopik.lemoniteur.fr. []
  21. Les opérations de logements sociaux de la Siemp convergent vers des coûts voisins de 2 400 euros par m2, qu’il s’agisse de réhabilitation ou de démolition-reconstruction. []
  22. Voir Élisabeth Pillet, « Une ancienne maison du faubourg Saint-Antoine : le 22, rue Basfroi (XIe arr.) », Paris Patrimoine, n° 3, décembre 2006, pp. 77-83. []
  23. Voir le site Internet de l’agence : http://www.rhplus-architecture.com. []
  24. Voir le tract de l’association Quartier Dauphine Environnement, www.quartierdauphine.fr/affiches-tracts-79/. []
  25. Entretien avec Rachida Dati, Le Monde, 26 janvier 2011. []
  26. Lettre de Rachida Dati à Gérard Carrière, 1er septembre 2009. []
  27. Voir le site Internet de l’agence : http://www.b-nt.biz. []
  28. Émile Zola, La Curée, Paris, Gallimard, 1981 (1871), p. 224. []
  29. Bernard Rudofsky, Architecture without Architects: a Short Introduction to Non-Pedigreed Architecture, New York, Doubleday, 1964. []
  30. Voir l’exposition « Cronocaos » de l’Office for Metropolitan Architecture, montée pour la première fois à la Biennale d’architecture de Venise 2010. []

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1 Réponse
  1. […] très recommandée critique de Pierre Chabard pour la revue Criticat publiée en octobre 2011 sur D-Fiction et déjà recensée en février 2012 par Cavé Goutte d’Or (voir sur le blog : « Milices […]

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