La yaourtière

La traversée d’un bâtiment, l’indication méthodique des points de passage, le maison à maison, la géographie d’une progression conceptualisée, la marque des généraux, l’apothéose du potlatch1, une géométrie inversée2. Les crimes, la corruption de la langue3, les premières blessures, les saignements, l’hémorragie, l’empoisonnement du Commun4. L’apathie, les mots oubliés, les mots imposés, la langue d’État, l’hystérie, la bêtise.5 Qu’en restera t-il ? Un mouvement de panique. Rétrécir, disloquer, obéir. Les tentatives de dissolution des viscosités, l’anéantissement de tout bruit de fond. Entrer en convalescence, tendre vers un seuil, un point d’ouverture, le point de rupture.6


© Photographie : Luc Delahaye et Eyal Weizman, Exposition Topographies de la Guerre, Le Bal, 17 septembre – 18 décembre 2011.

  1. Guy debord, Potlatch (1954-1957), Paris, Gallimard, 1996 []
  2. Eyal Weizman, À travers les murs, l’architecture de la nouvelle guerre urbaine, Paris, La Fabrique, 2008 []
  3. Jean-Pierre Faye, Les Langages totalitaires, Paris, Hermann, 2004 []
  4. Victor Klemperer, LTI, Paris, Albin Michel, 1996 []
  5. Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs, Paris, Exil, 1998 []
  6. Jean-Christophe Bailly, La Véridiction, Paris, Christian Bourgois, 2011 []

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