Chambres noires

« Faire une nature morte qui soit vivante, pas peinte. Quand le temps s’arrête, nous aussi. Nous ne nous arrêtons pas, nous sommes dépouillés, moins sûrs de nous. Je ne sais pas. En rêve ou quand on a de la fièvre ou qu’on est défoncé ou déprimé. Est-ce que le temps ne ralentit pas ou ne semble pas s’arrêter ? Qu’est-ce qui reste? Qui est-ce qui reste ? » (Don DeLillo)

 

Photographies couleurs, 90x130cm, 2009-2014.

Les chambres d’hôtel ou les chambres d’amis dans lesquelles je me suis retrouvée le temps d’une nuit, lors de mes déplacements professionnels en France et à l’étranger, ont été nombreuses. Ces chambres sont ainsi devenues la scène intime de mes nuits où seules les traces de mon corps se révèlent dans les draps des lits, faisant surgir des ombres secrètes. Au petit matin, mon corps a disparu mais sa présence est encore visible dans les plis qu’il a produit au creux de ces lits de transit, à la manière où Gilles Deleuze l’exprime : « Toujours je déplie entre deux plis, et si percevoir c’est déplier, je perçois toujours les plis. Toute perception est hallucinatoire, parce que la perception n’a pas d’objet ».

Texte & Photos © Isabelle Rozenbaum

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