Le Prince impérial et son chien Néro

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Jean-Baptiste Carpeaux, Le Prince impérial et son chien Néro, 1865, Musée d’Orsay

 

J’ai d’abord regardé cette sculpture / alors que Carpeaux jouait un rôle majeur / en entrant dans la carrière artistique / en me demandant ce qu’elle pouvait bien encore représenter / dans le développement du réalisme de la seconde moitié du XIXe siècle / je suis tombé entre les mains de la Fatalité / aujourd’hui / la seule question qui l’obsédait était de savoir / qui n’a cessé de me renverser / puis, je l’ai regardée différemment / s’il valait mieux mourir / à chaque pas / peut-être parce qu’il s’agit d’un enfant / ou manger ses enfants / qu’est-ce ce que j’ai fait / peut-être aussi parce qu’il enlace son chien / le Prince impérial se doutait-il alors que la mort l’emporterait / à Dieu / avec tant d’affection que l’on est saisi d’un sentiment étrange / dès sa vingt-troisième année / pour mériter de semblables épreuves / ou bien alors / mais il n’existe aucune relation / faut-il que je ne meure à la tâche / à cause de son apparente fragilité / entre ces faits / ou suis-je marqué / enfin / peut-être juste / au front / j’ai essayé d’imaginer à quoi pouvait bien penser un tel enfant qui, en 1865 / une certaine concordance / du mot malheur / se présentait comme « Le Prince impérial et son chien Néro ».

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J’ai d’abord regardé cette sculpture en me demandant ce qu’elle pouvait bien encore représenter aujourd’hui. Puis, je l’ai regardée différemment, peut-être parce qu’il s’agit d’un enfant, peut-être aussi parce qu’il enlace son chien avec tant d’affection que l’on est saisi d’un sentiment étrange ou bien alors, à cause de son apparente fragilité. Enfin, j’ai essayé d’imaginer à quoi pouvait bien penser un tel enfant qui, en 1865, se présentait comme « Le Prince impérial et son chien Néro ». [le spectateur]

Alors que Carpeaux jouait un rôle majeur dans le développement du réalisme de la seconde moitié du XIXe siècle, la seule question qui l’obsédait était de savoir s’il valait mieux mourir ou manger ses enfants. Le Prince impérial se doutait-il alors que la mort l’emporterait dès sa vingt-troisième année ? Mais il n’existe aucune relation entre ces faits. Peut-être juste une certaine concordance. [le critique]

« En entrant dans la carrière artistique, je suis tombé entre les mains de la Fatalité, qui n’a cessé de me renverser à chaque pas. Qu’est-ce ce que j’ai fait à Dieu pour mériter de semblables épreuves ? Faut-il que je ne meure à la tâche ou suis-je marqué au front du mot malheur ! ». [J.-B. Carpeaux]

Texte et Montage © C. Hoctan – Photo © John Cornu

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