Trois personnages dans une pièce

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Francis Bacon, Trois personnages dans une pièce, 1964, Centre Georges Pompidou

 

Il y a cette solitude / du titre de l’œuvre / je sais / qu’on fuit devant la ligne de fuite de la peinture / on retiendra le principe du triptyque / que ce que j’aime vraiment faire / comme si nous pouvions nous retrouver un peu en nous-mêmes / lié à l’héritage de la peinture religieuse / ce sont les triptyques / et à travers elle / à l’unité de la lumière et des couleurs / ce sont les choses que j’aime le plus / ainsi, une fois de dos / mais surtout / et je crois que peut-être cela a quelque chose à voir avec l’idée que j’ai parfois eue / on pense presque en son corps défendant / à cette volonté de Bacon de produire / de faire un film / au drame abstrait de trois corps peints dans leurs ressorts secrets sur trois grands panneaux / des tableaux qui ne soient pas isolés les uns des autres / j’aime la juxtaposition des images séparées / et, notamment / tout en étant néanmoins séparés / sur trois toiles différentes / aux muscles contractés d’une jambe repliée / afin de conjurer le caractère figuratif, illustratif et narratif / si tant est que mon œuvre ait la moindre qualité / dont la chair nous attire et nous révulse tout à la fois / que les personnages auraient nécessairement / alors / c’est ce détail / s’ils étaient rassemblés / c’est peut-être dans ces triptyques / que nous emporterons comme cette part de nous-mêmes révélée à notre regard / sur la même toile / qu’elle est la meilleure / depuis 1964 sous le titre « Trois personnages dans une pièce ».

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Il y a cette solitude qu’on fuit devant la ligne de fuite de la peinture, comme si nous pouvions nous retrouver un peu en nous-mêmes et à travers elle. Ainsi, une fois de dos, on pense presque en son corps défendant, au drame abstrait de trois corps peints dans leurs ressorts secrets sur trois grands panneaux et, notamment, aux muscles contractés d’une jambe repliée dont la chair nous attire et nous révulse tout à la fois. C’est ce détail que nous emporterons comme cette part de nous-mêmes révélée à notre regard depuis 1964 sous le titre « Trois personnages dans une pièce ». [le spectateur]

Du titre de l’œuvre, on retiendra le principe du triptyque lié à l’héritage de la peinture religieuse, à l’unité de la lumière et des couleurs mais surtout à cette volonté de Bacon de produire des tableaux qui ne soient pas isolés les uns des autres tout en étant néanmoins séparés afin de conjurer le caractère figuratif, illustratif et narratif que les personnages auraient nécessairement s’ils étaient rassemblés sur la même toile. [le critique]

« Je sais que ce que j’aime vraiment faire, ce sont les triptyques. Ce sont les choses que j’aime le plus et je crois que peut-être cela a quelque chose à voir avec l’idée que j’ai parfois eue de faire un film. J’aime la juxtaposition des images séparées sur trois toiles différentes. Si tant est que mon œuvre ait la moindre qualité, alors c’est peut-être dans ces triptyques qu’elle est la meilleure ». [Francis Bacon]

Texte et Montage © C. Hoctan – Photo © John Cornu

 

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