Sacré Urticant

Urticant : dont la piqûre ou le contact produit sur la peau humaine une démangeaison.

Démangeaison : une sensation éprouvée au niveau de l’épiderme qui excite à se gratter et qui cause une envie irrépressible.

Sacré : qui appartient à un domaine séparé, interdit et fait l’objet d’un sentiment de révérence religieuse qui sert d’épithète pour renforcer un terme injurieux. L’affect est essentiellement une capacité à affecter les autres et à être affecté par eux.

Dans « Sacré urticant », l’art est comme un virus, un œil infiltré qui se promène dans la ville, le monde, la vie et repère par le biais de corps sous influence, d’accumulations sous tension et de moments intenses, des zones de turbulence réactives comme une maladie de peau qui se propage sournoisement. L’œil se pose, l’air de rien, au quotidien avec démesure et dérision, entre réel et représentation, sur le sujet qui fâche, le sacré urticant. L’individu devenu objet à son corps consentant est instrumentalisé par tous les « ismes » de notre monde chaotique : communautarisme, terrorisme, sexisme, puritanisme, cognitivisme, consumérisme, cynisme, exhibitionnisme, conformisme. Il était une fois, dans les rues du monde, des bribes d’histoires se déversent, telles des métaphores implicites, dans une grande variété d’allusions au désir, à la perversion et à la violence avec une brutale décharge d’affects.

« Sacré urticant » est ma seule série photographique dont les images sont sans légendes.

Il s’agit juste de voir, à la manière dont Jean-Luc Godard déclarait : « Ce n’est pas une image juste, c’est juste une image ».

Texte & Photos © Cathy Cat-Rastler

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