Pluck

 

Photographies couleurs, 90x135cm, 2013-2016.

Il est question d’abats, de boyaux, d’entrailles, de peaux, de sang, de tripes. La carcasse de la bête abattue, prête à d’ultimes transformations, n’est pas seulement le cadavre de la bête sur le devant de la scène dans toute sa splendeur mais bien ce corps symbolique, cette chair animale que la vie a habité et qui va lui-même, à son tour, habiter notre propre corps pour le nourrir, pour lui faire traverser quelque chose de cette « vie ». Tout cela est montré dans une évidente nudité de la photographie poussée à l’extrême de la couleur où rien du visible – plaisant ou déplaisant – ne lui est jamais étranger. La tradition picturale à travers Le Bœuf écorché de Rembrandt – suivi des réactualisations de Delacroix, de Soutine et de Chagall – manifeste cette même relation à la chair dépouillée : par le travail de la couleur qui fait de leur pâte picturale une chair sensible, ils donnent à penser la chair corporelle comme une masse presque informe qui arrête la vue et fascine le regard. À l’extrême de la vision des peintres, il y a le visible dans sa nudité ; il y a le visible comme énigme.

Texte & Photos © Isabelle Rozenbaum
Pour lire l’article de Rue89 publié dans le cadre de l’exposition de cette série à Bordeaux en 2014, c’est ici.

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