La science du peuple
L’ère néolibérale inaugurée par les années Thatcher a eu un impact brutal sur les paysages urbains du Royaume-Uni. Dans ses films hypnotiques, PATRICK KEILLER exprime sa mélancolie par de longs plans fixes accompagnés en voix off de divagations littéraires. Dans ce texte écrit il y a plus de dix ans, il médite sur la capacité de poétiser le réel comme acte de résistance à ces bouleversements.
L’inhabitable rase
Un ouvrage récent, produit par le Pavillon de l’Arsenal, loue l’entreprise volontariste de construction de logements sociaux et d’amélioration de l’habitat dégradé que mène tambour battant la Ville de Paris. Légitime dans ses principes, cette politique de Bertrand Delanoë, maire PS depuis dix ans, mérite cependant d’être discutée, à l’heure où ses effets architecturaux deviennent visibles dans le paysage parisien et servent de support à son propre marketing.
Metz, ville générique
On reproche parfois aux revues et aux critiques d’architecture de ne s’intéresser qu’aux œuvres d’exception, ces bâtiments que leurs commanditaires prestigieux, la notoriété de leur auteur, leurs innovations techniques ou leur pure séduction visuelle désignent tout naturellement à l’attention parce qu’ils sortent de l’ordinaire. Ce tropisme journalistique alimenterait de fait un cercle vicieux (un bâtiment est publié parce qu’exemplaire et exemplaire parce que publié) et donnerait une vision partiale et fallacieuse de l’architecture actuelle en dédaignant les travaux plus soucieux de bons usages que de belles images, sans parler des myriades de constructions médiocres jusqu’à l’indigence, dont chacun peut éprouver au quotidien les dysfonctionnements et la laideur.



