Le silence répond à notre présence dès que nous écoutons une énergie plutôt qu’une parole.
L’apprentissage d’une ignorance théorique matérialise l’innocence d’une abstraction naïve.
Les problèmes se transforment en des solutions si des réponses entretiennent des questions.
Des visions s’adaptent à nos mondes afin de constater que le réel donne raison à notre folie.
Le calcul de la parole est d’autant plus inutile qu’il est décomposé par une aventure de l’air.
Nos buts trouvent enfin un sens s’ils nous dirigent vers une gloire qui ne surviendra jamais.
Le silence nous répond depuis toujours en vue de nous élever vers des épreuves spirituelles.
Les lettres font confiance à nos nuits lorsqu’elles arrivent à trahir nos jours avec nos rêves.
Les mots nous aveuglent dès qu’ils sont guidés par un alphabet qui est sourd à nos paroles.
Le présent est désemparé s’il profite d’un instant qui n’a pas le temps de sauver un moment.
Nos états organisent un chaos autonome en vue d’avilir un État inutile à notre souveraineté.
Une phrase aliénée échappe à un sens malade dès qu’elle se soigne avec un rythme dément.
La barbarie des nombres piège une technologie détruite par le savoir artisanal de l’alphabet.
Une folie nous approuve dès que nous croyons que nos pensées savent ce que nous écrivons.
Les mots ne disent rien sur l’innocence de l’alphabet s’ils sont condamnés à être prononcés.
Des situations tumultueuses servent des créations artisanales pour trahir le spectacle de l’art.
Nous renaissons paisiblement dans nos cris car la violence des nourrissons nous émerveille.
Une éducation oubliée par des lettres retrace parfaitement l’enfance d’un sage analphabète.
Notre voie retrouve nos pas lorsqu’elle se perd sur des chemins instrumentés par nos chants.
Des réflexions agitent un monde qui est vu de travers parce qu’il n’est pas saisit à l’envers.
L’œuvre de la préhistoire est d’autant moins lisible qu’elle révèle l’art visible de l’alphabet.
Une meute d’instincts apprend à nous guider si nous échappons à l’emprise des troupeaux.
Une histoire irracontable de l’univers témoigne de notre présence anecdotique sur la terre.
Notre maturité est supportable seulement si des enfants pardonnent notre puérilité d’adulte.
Les animaux sont nos seuls dieux parce qu’ils réussissent tous à blasphémer notre bestialité.
Chaque écrit se noie au fond du temps en attendant d’être repêché par un alphabet éternel.
Texte © Philippe Jaffeux – Illustration © DR
D’un courant l’autre est une série créative d’un dispositif poétique du monde.
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