Rêve gris # 1 Grey Dream

Le rêve a toujours incarné à mes yeux un nouveau territoire de la conscience, une sorte de parchemin de vie à décrypter, qui se manifeste le plus souvent à travers une langue qui lui est propre, mais qui, bien que porteuse de sens, nous apparaît toujours plus ou moins mystérieuse et obscure, ou au contraire, prophétique et poétique. Le rêve demeure pourtant – encore et toujours – cette part secrète de nous-mêmes qu’il nous faut déchiffrer, et qui nous pousse parfois à nous demander s’il n’est pas plus réel que ce que nous considérons être la « réalité ».

Rêve gris  # 1 Grey Dream appartient au projet Sleeping Works. Dans ce rêve, la couleur grise est un indice du contexte : la vidéosurveillance. Pendant la nuit, des caméras se relaient et captent, sans arrêt et sans aucune frontière, des images de lieux publics et privés tel un regard panoptique permanent sur le monde. Des images d’écrans défilent. Elles sont le témoin d’une ville endormie où seule une femme demeure éveillée, exposée à un regard sans relâche. Ce rêve nous entraîne dans une expérience singulière de veille où la frontière entre surveillant et surveillé semble peu à peu s’effacer.

Sleeping Works est composé de 10 rêves. Leur construction s’appuie sur les 3 couleurs alchimiques symbolisant les étapes de l’œuvre au noir, de l’œuvre au blanc et de l’œuvre au rouge, mais également sur le gris, le brun, le rose et le bleu, qui agissent sur notre psyché comme une colorimétrie révélatrice d’un champ de vision onirique comme l’exprime Goethe : « Une couleur fait une impression particulière sur l’être humain et révèle ainsi son essence à l’œil et à la sensibilité tout ensemble […]. Le fondement de toute perception des couleurs est la possibilité pour l’œil de transmettre d’emblée deux sensations opposées l’une à l’autre ».

Vidéo © Isabelle Rozenbaum
Le projet Sleeping Works d’Isabelle Rozenbaum a reçu la bourse « Brouillon d’un rêve 2014 » (SCAM).
Si vous avez apprécié cette publication, merci de nous soutenir.