Il n’y a pas d’exercice intellectuel qui ne soit finalement inutile.
(Borges)
Longtemps Jorge Luis Borges a ignoré la date de sa mort. Il a su in extremis qu’elle adviendrait le 14 juin 1986 : il n’y a pas survécu. Ça aurait pu tomber la veille ou l’avant-veille, le lendemain ou le surlendemain, mais ça a été le 14 : point final. Ce fameux historien de l’éternité n’avait que 86 ans. Le langage est un ensemble de citations : c’est là un de ces paradoxes qu’il avait trouvé le temps de proclamer au cours de sa brève existence. Il convient de le prendre au mot. Voici donc une bordée de citations justement tirées de Fictions : Toute la métaphysique n’est qu’une partie de la littérature fantastique / Un gentleman ne peut s’intéresser qu’à des causes perdues / Penser c’est oublier des différences, c’est généraliser, c’est abstraire / L’ambiguïté est une richesse / Les miroirs et la copulation sont abominables, parce qu’ils multiplient le nombre des hommes / Expliquer un fait, c’est l’unir à un autre / Blâmer et faire l’éloge sont des opérations sentimentales qui n’ont rien à voir avec la critique…
//
Merci de patienter quelques secondes afin de laisser le serveur afficher les 30 illustrations (représentant un extrait d’une totalité qui en compte 78)…
//
Une traduction en V.U. (= Version Universelle et/ou Visuels Universels) est une dérive numérique engagée à partir d’un texte littéraire donné. Chaque page dudit texte est traitée comme une image, autrement dit d’un point de vue volontairement désinvolte au regard de la sémantique et de la narratologie. Cette traduction s’effectue selon un protocole dédié soigneusement élaboré en amont, chaque texte induisant un protocole spécifique. On ne saurait, en effet, traduire avec les mêmes clefs des auteurs aussi différents que Joyce, Ponge ou Gombrowicz ; de subtils distinguos sont nécessaires (tons, rythmes, nuances etc.). Voilà pour l’essentiel en quoi consiste ce travail de traducteur. Le dispositif mis en œuvre produit bel et bien une autre version du texte souche. Que cette nouvelle version semble illisible, ou à tout le moins assez difficile à déchiffrer, est une question purement académique. Il y a énigme là-dedans, bien sûr. D’une page à l’autre, cela ne s’éclaircit pas — ni ne s’obscurcit. La traduction flotte. Et tout le reste est poésie visuelle.
Texte & Illustrations © Daniel Cabanis
Traductions en V.U. est une série créative de poésie visuelle.
Si vous avez apprécié cette publication, merci de nous soutenir.





























