2020 : A Viral Odyssey

La disparition peut-être conçue autrement, comme un événement singulier […] : ce peut-être le désir de voir à quoi ressemble le monde en notre absence (photographie), ou de voir au-delà de la fin, au-delà du sujet, au-delà de toute signification, au-delà de l’horizon de la disparition, s’il y a encore un événement du monde, une apparition non programmée des choses. (Baudrillard)

 

En janvier 2020, un commanditaire m’a contacté afin de me proposer un travail photographique original qui réponde à l’adéquation de ses besoins. Importante société de sécurité internationale opérant dans différentes villes du monde, elle souhaitait ainsi mettre en valeur son système de vidéosurveillance. Il s’agissait de montrer, à travers une vingtaine de prises de vue, la performance du matériel, la technicité de captation des images, la qualité des détails, et in fine, l’efficacité d’un tel système. Le temps de conclure les accords d’un contrat, de définir un projet photographique et de convenir d’un planning de travail, le mois de mars est arrivé, et avec lui le Covid19 et son corollaire de règles sanitaires dont celles du confinement. Toutefois, le centre des opérations de ladite société restant opérationnel 24h/24 et 7j/7, il a été convenu que je réaliserai ces photographies malgré des conditions de prises de vue complexes à mettre en œuvre, puisque effectuées par le biais d’une connexion à distance. Les problèmes techniques résolus, j’ai commencé à visionner et à récolter en direct des milliers d’images transmises par ce système de vidéosurveillance en vue d’honorer la commande. Et comme une image en entraîne une autre, il n’était pas surprenant que mon dispositif propose comme 25e et dernière image, une image virale qui, un matin, a recouvert tous les écrans de surveillance de ce centre des opérations de sécurité.

Texte & Photographies © Isabelle Rozenbaum