Seule la musique réussit à nous comprendre parce qu’elle refuse de parler dans notre langue.
L’art est trop artificiel pour prendre l’apparence d’une nature qui le surpasse depuis toujours.
L’éveil de notre réalité est tout à fait ordinaire lorsqu’il provoque de simples hallucinations.
Notre espèce sera crédible dès que nos croyances sauvages seront soumises à un dieu animal.
Les différences entre nos doubles et nous-mêmes comblent l’écart qui nous sépare des autres.
Nos civilisations sont beaucoup trop vieilles pour être rajeunies par des technologies barbares.
Un sens est définitivement bon lorsqu’il accepte d’être désorienté par une fureur inadmissible.
Des répétitions passent d’une bizarrerie à l’autre pour s’initier au refrain d’un délire minimal.
La parole est tout à fait persuasive à partir du moment où une blague se compare à une vérité.
Le cosmos se révèle lorsque nous savons que notre ignorance comprend nos connaissances.
Un artisanat vertigineux s’enflamme pour brûler un art qui tourne autour d’un spectacle éteint.
Les bruits en disent long sur la place limitée de nos paroles car ils s’installent n’importe où.
Une plante comprend la lumière parce que son intelligence respecte le génie créatif du soleil.
Les vibrations de la musique font toujours des étincelles en vue d’attiser le feu de notre âme.
L’opération d’un éveil chirurgical est un succès si elle se soustrait à une raison anesthésiante.
Nous savons plus ou moins chanter car les animaux nous ont appris à parler avec leurs cris.
Nos éveils se réalisent à condition qu’ils révèlent des instants qui ont précédé notre naissance.
Les nombres sont peut-être utiles lorsque nous comptons tous les efforts qui ne servent à rien.
Nos océans ne sont qu’une goutte dans un univers qui préserve les ressources de nos abîmes.
L’obscurité du progrès tombe soudain en cendre si la lumière du feu électrise nos machines.
Nos rires expriment toujours mieux nos pensées que nos paroles parce qu’ils n’ont rien à dire.
Nous ne savons pas localiser notre imagination car elle occupe toute la place de notre cerveau.
Des renaissances iconoclastes se reconstruisent afin de surprendre une civilisation décadente.
La mort mène à tout depuis qu’elle illumine nos renaissances avec des aléas incontrôlables.
Les étoiles éclairent le monde de la nuit en vue de célébrer l‘obscurité clandestine du cosmos.
Une révélation est infaillible lorsqu’un regard de la mort émerveille une vision apocalyptique.
Texte © Philippe Jaffeux – Illustrations © DR.
D’un courant l’autre est une série créative d’un dispositif poétique du monde.
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