Dictionnaire : En dire : « N’est fait que pour les ignorants. » (Gustave Flaubert)
C’est bien connu : les artistes sont tous des farceurs, ce qu’ils font ne peut s’appeler travailler. Eh bien les traducteurs, c’est pire : ils utilisent des robots, sans le crier sur les toits bien sûr. Comme ils sont naturellement idiots, lents, fainéants, ils délèguent le boulot à faire à des Intelligences artificielles. Et ça usine sec pendant qu’eux se la coulent douce. Bref, ils sont payés à ne rien faire. Il convient de dénigrer ces traîtres, et aussi de les maudire. En ma qualité de traducteur en V.U., je mérite une part de cet opprobre. Une bonne part. Je la prends et m’en accommode. M’étant ainsi assez lâchement dédouané, voici à présent ma traduction du fameux Dictionnaire des idées reçues. Je me suis efforcé de la rendre difficilement déchiffrable, comme pourrait l’être la longue ordonnance d’un médecin fou désireux de guérir la bêtise humaine en soignant le mal par le mal.
//
Il va de soi (mais je tiens à le préciser) que la présente traduction en V.U. est le résultat d’un protocole de travail sous photoshop soigneusement élaboré par moi, dûment noté pas à pas, et dont je peux produire la preuve – par conséquent certainement pas un travail confié à l’IA comme je feins de le dire dans mon texte de présentation…
//
Merci de patienter quelques secondes afin de laisser le serveur afficher les 30 illustrations (représentant un extrait d’une totalité qui en compte 60)…
//
Une traduction en V.U. (= Version Universelle et/ou Visuels Universels) est une dérive numérique engagée à partir d’un texte littéraire donné. Chaque page dudit texte est traitée comme une image, autrement dit d’un point de vue volontairement désinvolte au regard de la sémantique et de la narratologie. Cette traduction s’effectue selon un protocole dédié soigneusement élaboré en amont, chaque texte induisant un protocole spécifique. On ne saurait, en effet, traduire avec les mêmes clefs des auteurs aussi différents que Joyce, Ponge ou Gombrowicz ; de subtils distinguos sont nécessaires (tons, rythmes, nuances etc.). Voilà pour l’essentiel en quoi consiste ce travail de traducteur. Le dispositif mis en œuvre produit bel et bien une autre version du texte souche. Que cette nouvelle version semble illisible, ou à tout le moins assez difficile à déchiffrer, est une question purement académique. Il y a énigme là-dedans, bien sûr. D’une page à l’autre, cela ne s’éclaircit pas — ni ne s’obscurcit. La traduction flotte. Et tout le reste est poésie visuelle.
Texte & Illustrations © Daniel Cabanis
Traductions en V.U. est une série créative de poésie visuelle.
Si vous avez apprécié cette publication, merci de nous soutenir.





























