Un instant intensifie la fabrication d’une recherche inconnue pour retrouver sa raison d’être.
Nous apprenons à parler pour découvrir lentement que le silence saura toujours nous ignorer.
Tous nos mondes sont évidement réels puisqu’ils existent seulement dans notre imagination.
Une révélation obscure éclaire un jour qui ne sert à rien pour apprécier l’utilité de la lumière.
Des visions égarées se replient dans des vertiges afin de désorienter des pensées raisonnables.
Une perception révèle une aberration qui arme une tension entre une conscience et un délire.
Nos paroles ne sont plus les mêmes dès l’instant où elles expriment nos différences instables.
Une abstraction nous pose une question si elle est plus concrète que la réponse d’une chose.
Nos instincts s’humanisent à l’envi lorsque la musique prend soin de nos vibrations animales.
Une invention nous étonne d’autant plus qu’une destruction impossible actualise un équilibre. L’infini entretient des retours de notre finitude pour nourrir nos disparitions dans des limites.
Une parole s’affranchit d’une explication si elle est prononcée pour emprisonner une énigme.
Une recherche découvre des oublis parce que des gestes conservent des dérives insaisissables.
Les apparitions d’une voie guident la marche d’un chaos qui révèle la progression d’un sens.
Des éveils prennent du relief parce que l’évidence d’un rythme défie des platitudes insensées.
Un instant prend l’attitude d’un flux pour se différencier d’un temps défiguré par des mesures.
Une image prolonge la conquête d’une matière pour réduire l’espace d’une idée envahissante.
Une conviction met en doute une perception pour captiver la vision persuasive d’une illusion.
Un sens inconnu s’insurge contre un doute éprouvé pour servir la clarté d’un devoir absurde. L’architecture du chaos légitime parfois des prisons afin de nous délivrer d’une liberté illicite.
Les observations n’ont jamais le temps d’apprécier les réactions incontrôlables d’une mesure.
La respiration de l’air éblouit nos paroles au risque d’illuminer notre insignifiance aveuglante.
Nos identités multiples résistent à prendre des décisions à la place de notre personne indécise.
Le vide circonscrit un silence cosmique parce que la lumière d’un jour se perd sur une page.
Le bout d’un chemin atteint son but lorsqu’il perd une lettre afin de définir une fin objective. L’aventure de chaque vision délivre nos yeux d’un quotidien prisonnier de son aveuglement.
Texte © Philippe Jaffeux – Illustrations © DR.
D’un courant l’autre est une série créative d’un dispositif poétique du monde.
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